AIMER SON AGE

 

« Mon corps décline, ma pensée croît. Sous ma vieillesse, il y a une éclosion» Victor Hugo.

Être une femme et avoir bientôt 50 ans ou plus…Cela vous inquiète ? Vous sentez vous préoccupé par des modifications de votre silhouette ? par cette avancée dans l’âge ?

Ces questionnements sont légitimes.

A partir de 50 ans nous vivons des bouleversements multiples : la ménopause, les rides, les cheveux blancs, les enfants qui quittent la maison.

Nous nous sentons d’une humeur fluctuante avec souvent un sommeil perturbé et une santé plus fragile.

Nous pouvons redouter le temps qui passe : redouter de sa santé , de sa mobilité, de son image corporelle, de son avenir.

Pourtant, prendre de l’âge , est non seulement un processus naturel, mais c’est aussi acquérir de l’expérience, des compétences, des connaissances, c’est porter un regard plus distancié, plus nuancé, plus sage sur la vie.

Alors, pourquoi avons-nous tant de mal à vivre tranquillement cette tranche d’âge ?

Un certain malaise

Marie Claire

Beaucoup d’entre nous ne supporte pas de voir leur corps changer. La preuve de ce malaise est révélée par le marché des produits « anti-âge » très florissant et les recours à la chirurgie esthétique de plus en plus fréquents.

Que désire-t-on finalement à se faire opérer, à faire croire (ou « se faire » croire ?) que l’on ne vieillit pas ? Que nous manque-t-il ? Que cherche-t-on au juste ?

Vouloir rester jeune traduit certainement la peur de ne plus  plaire, de ne plus être valorisée, acceptée, aimée.

Cela revient, finalement, à ne plus accepter son propre corps jusqu’à, parfois, en être dégouté et traduit un malaise intérieur  profond que les opérations esthétiques ne suffisent pas à résoudre.

Pourtant, notre corps qui prend de l’âge porte en lui l’empreinte de notre histoire, à l’intérieur comme à l’extérieur. Pourquoi vouloir cacher ce qui dévoile expérience et sagesse de la vie ?

Pourquoi tant de peine ?

Un vieillissement tabou

Il est vrai que les diktats sociétaux ne nous  aident pas ! L’idéologie anti-âge nous «  invite à partir en guerre contre son âge » ( Perla Servan-Schreiber, « Les promesses de l’âge »)

Mona Chollet (« Sorcières, la puissance invaincue des femmes ») observe que «plus que le vieillissement, c’est celui des femmes qui est tabou».

La presse féminine, les affiches  ou films publicitaires ne cessent, depuis des années, de nous identifier à de jeunes filles de 16 à 25 ans.

Barbara Polla, 69 ans (« Femmes hors normes ») décrit très justement  un «  sentiment d’obsolescence programmée, de cette hantise de la péremption » qui marquent toute l’existence des femmes.

Ne peut-on pas réagir ? Il semblerait que oui…

Un vieillissement non subi

De nombreux ouvrages consacrés à la « longévité » se multiplient. Des auteurs comme Pascal Bruckner(« Une brève éternité:philosophie de la longévité”) , Perla et Jean-Louis Servan-Schreiber, Carl Honoré (« La révolution de la longévité »), Marie de Hennezel (« Et si vieillir libérait la tendresse… ») ; représentent des septuagénaires ou octogénaires qui inaugurent une nouvelle manière d’avancer en âge.

Paule Giron, ancienne journaliste et autrice, entre autres, de « Vieux et debout » distingue trois catégories de vieux :

  • ceux qui refusent absolument la vieillesse (et la combattent à grand renfort de soins esthétiques),
  • ceux qui la subissent (ceux-là, arme-t-elle, se fabriquent un enfer à force de râler)
  • et puis ceux, minoritaires et pionniers, qui acceptent d’entrer dans un nouveau cycle de vie et cherchent à le vivre comme un temps plein plutôt que comme une demi-mort.

Comment, dès lors, faire partie de cette troisième catégorie ?

Un sentiment de vieillesse, nourri par soi-même

Jamais notre espérance de vie n’a été aussi élevée. Nous appartenons à une génération nouvelle, d’un point de vue sociologique, en rupture avec l’image des seniors précédents qu’étaient nos propres parents.

fiftyandmemagazine

J’aime à dire que nous appartenons à la génération « ré-enchantée ».

C’est  la génération des « quincados » dont parle le sociologue Serge Guérin , cette génération de nouveaux quinquagénaires  qui se sentent jeunes dans leur tête avec l’expérience en plus, et réinventent l’après-midi de leur vie.

« Les quincados sont des artistes de leur vie, au sens où ils la recréent, l’inventent. »

Alors , comment, à partir de la cinquantaine,  ré inventer sa vie ?

 

Agir , oui mais comment, concrètement ?

« Sortir de l’impératif du jeunisme exige de trouver en nous, la tranquillité d’accepter notre âge. Point de départ, non d’une résignation, mais d’une action adaptée et efficace » ( Perla Servan-Schreiber, « Les promesses de l’âge »)

Voici trois actions clés qui peuvent aider grandement à envisager son vieillissement autrement.

  1. Se mettre sur « la bonne fréquence »

A la cinquantaine on peut faire le choix d’une attitude de vie qui s’affranchit allègrement de l’image traditionnelle du quinqua et se mettre sur « la bonne fréquence ».

Pour vivre cette période de façon positive, il importe de réviser nos représentations de la vieillesse, de l’envisager non plus comme un naufrage mais comme un privilège.

Vivre à partir de cinquante ans, c’est une nouvelle page qui s’ouvre, pas un livre qui se referme !

Contrairement aux idées reçues, et comme l’explique Serge Guerin« l’avancée en âge n’est pas un long chemin vers le déclin, la perte d’envies et le retrait de la vie ».

Considérons plutôt, avec le journaliste, qu’« elle donne cette possibilité de se réinventer, l’opportunité de s’écouter enfin, l’occasion rêvée d’être soi et non comme les autres voudraient qu’on soit. »

Il ne s’agit pas de nier le passage des années mais de les transformer en avantage.

Sans aller jusqu’à affirmer d’être heureuse de vieillir l’idée est  surtout de vieillir heureuse. Si nous vivons plus longtemps alors à nous de saisir cette chance incroyable.

Sans pour autant fuir son âge, il s’agit d’imaginer une autre façon d’en prendre sans vieillir. Prendre de l’âge est une chose mais se sentir vieille en est une autre.

Se mettre sur la bonne fréquence pour ne pas se « sentir vieille » passe par …
  • …éviter de se dire qu’il est « trop tard» . Trop tard pour accomplir certaines choses, trop tard pour réaliser ses passions restées inassouvies, trop tard pour refaire sa vie… Trop tard pour apprendre, trop tard pour entreprendre, trop tard pour changer.
  • se débarrasser du fantasme de « rester jeune à vie». Barbara Polla écrit très justement :« Rester jeune n’est pas seulement un impératif irréaliste, c’est aussi un impératif imbécile. Pourquoi vouloir “rester” quelque chose ? Devenir est plus intéressant. » Cherchez plutôt à devenir vivante, comblée, joyeuse et sereine.
  • … cultivez la maturité heureuse et envisager la vie avec optimisme, curiosité, et saisissez les occasions de vous passionner. Retenez que votre épanouissement, votre joie de vivre  est communicative et vous rend belle car inspirante !

 

2. Se libérer des diktats sociétaux

« Refusons de nous laisser dire notre âge par le capitalisme de consommation ! » encourage Barbara Polla. Aimer son âge nécessite de devenir des résistantes, de se mettre « hors norme »

La longévité a changé la donne et les représentations de la vieillesse subissent une révolution. « La vieillesse mérite un nouvel imaginaire qui corresponde, au minimum à cette nouvelle réalité »(Perla Servan-Schreiber)

A l’instar des nombreux auteurs, produisons de nouveaux discours pour ne pas subir les croyances limitantes d’une société  qui aurait tendance à nous reléguer au rang des seniors inactifs et maladifs.

lebelage

 

Dire « oui à son âge » comme le suggère Perla Servan –Schreiber est une manière de le vivre pleinement et de rompre avec l’image véhiculée par la société.

Aimer son âge c’est reconnaitre et sentir combien nous sommes en pleine possession de nos capacités, libérées des contraintes, plus délestées, plus apaisées, plus posées, plus équilibrées et plus affirmées.

 

3. Agir sur la qualité de son vieillissement

Bien sûr on ne peut pas agir sur son âge biologique lié à son capital génétique mais on peut agir sur la qualité de son vieillissement.

Ce dernier tient largement à la responsabilité de chacune d’entre nous  et dépend, pour une large part, de facteurs sur lesquels il est possible d’agir: la nutrition, le maintien et le développement d’une activité intellectuelle et cognitive, ainsi que la pratique d’activités physiques adaptées à son âge et à sa situation.

topsanté

topsanté

L’âge nous impose de modifier quelques habitudes, en particulier une hygiène de vie bien installée, pour rester en bonne santé et se sentir bien le plus souvent possible. Mais il nous conduit aussi à choisir ce qui nous convient le mieux, ce qui nous plaît le plus, à « agir juste ». ( Perla Servan-Schreiber)

A partir de 50 ans, nous tenons en main les cartes d’un vieillissement réussi.

Devenez actrices de votre santé et de votre «bien vieillir » actuel et futur. Il n’est jamais trop tard !

Pour conclure : prendre de l’âge ça s’apprend !

« Notre âge a de moins en moins le pouvoir de nous définir et de nous limiter. A nous de choisir la manière dont nous vieillissons et dont nous le vivons » ( Carl Honoré)

Notre génération a la chance de bénéficier d’une espérance de vie exceptionnelle.

docctissimo.fr

doctissimo.fr

La clé pour aimer son âge réside, tout compte fait, dans le regard que l’on parte sur l’acte de vieillir et l’état d’esprit qui en découle.

Donnons-nous les moyens d’aborder ce supplément de vie comme source de multiples opportunités et profiter pleinement !

Soyons les actrices de la génération ré-enchantée !

Faire partie des « Gagnantes » c’est choisir de vivre sa séniorité de façon positive.

Cela revient à remplacer le syndrome de la crise de la cinquantaine par une cinquantaine heureuse et épanouie.

 Il s’agit d’ anticiper et décider de vieillir heureuse.

Cela suppose « d’avoir l’intelligence de s’ouvrir à une autre façon de vivre, d’aimer, de jouir de la vie. Bref, l’intelligence d’évoluer »(Jean-Louis Servan-Schreiber, « Avec le temps…tout ne s’en va pas »)

Et vous? Comment vivez-vous votre approche de la cinquantaine ? Peut-être avez-vous déjà dépassé cet âge fatidique ! Comment cela se passe pour vous ?

Que pensez-vous de l’idée de suivre les « Gagnantes »   pour ne pas « vivre en vieux » mais essayer de vivre mieux ?

J’ai hâte d’avoir vos commentaires et réactions.

Avec vous pour reprendre les commandes de votre vie.

Carole

 

 

 

 

2 Comments
  • Nathalie
    Posted at 18:27h, 31 août Répondre

    Carole tu as un pouvoir de persuasion hors norme ! On a forcément envie de te suivre !

    • Carole
      Posted at 19:08h, 31 août Répondre

      Merci Nathalie! Contente que ça “te parle”!

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